Prestigieux témoin du patrimoine maritime français, le fameux trois-mâts Belem est l'un des plus anciens grands voiliers naviguant aujourd'hui.
Un témoin de l'histoire
Réalisé à Chantenay-sur-Loire par les chantiers Dubigeon. Construit en sept mois, entre décembre 1895 et juillet 1896 pour l'armateurPropriétaire d'un navire. Nantais M. Crouan, le trois-mâts est mis à l'eau le 10 juin 1896.
A cette époque, le Belem était un navire marchand. Sa première affectation fut le transport des fèves de cacao entre le Brésil et la France. C'est de là que vient son nom, le port de Belem était un de ses points de relâche.
Il était recouvert à l'époque d'un seul pontPartie du navire comprenant un ensemble de planches disposées de manière à former une surface d'un seul tenant couvrant le creux de la coque. principal doté de claires-voies donnant accès à une calePartie la plus basse d’un navire : Les "caliers" y rangent, en les arrimant, les tonneaux de vivres, de liquides, ainsi que les rechanges (voiles, câbles). de 1500 m3 dans laquelle pouvaient être entreposées jusqu'à 650 tonnes de denrées et marchandises, essentiellement du cacao d'Amazonie puis du rhum et du sucre des Antilles. La cuisine était la seule structure apparente sur le pontPartie du navire comprenant un ensemble de planches disposées de manière à former une surface d'un seul tenant couvrant le creux de la coque..
En 1914, le Duc de Westminster en fait l'acquisition, séduit par ses lignes élégantes et sa maniabilité. Il fut alors transformé en yacht de plaisance et équipé de deux moteurs Suédois Bolinder.
En 1921, le brasseur anglo-irlandais Sir Arthur Ernest Guinness arrive à convaincre le Duc de Westminster de lui vendre le navire. Il sera baptisé Fantôme II. Le bateau fera le tour du monde pendant un an, de mars 1923 à mars 1924, via le canal de Panama et le canal de Suez.
Le trois-mâts, habitué aux rassemblements prestigieux, célèbrera avec son propriétaire le couronnement du roi Georges VI dans le port de Montréal, en 1938.
Suit une longue période d'immobilisation, de 1939 à 1951, dans la rade de Cowes, sur l'Ile de Wight, où il est désarmé.
En 1951, le compte Vittorio Cini, qui cherchait un bateau pouvant servir de bateau école, le rachète. Rebaptisé Giorgio Cini, il subit alors à nouveau d'importantes transformations, perdant ses verguesPièce de bois, fixée au mat pour soutenir et orienter la voile. de grand mâtLong tube vertical servant à soutenir les voiles. et gréé en barquentin. Il sillonne alors la Méditerranée jusqu'en 1965.
Mal entretenu, il est racheté en 1979 par l'Association pour la sauvegarde et la Conservation des Anciens Navires français.
Des transformations successives
Navire marchand, yacht de plaisance, puis navire école, le Belem a tout au long de son histoire et de ses changements de destination conservé une apparence proche de celle de ses origines.
L'époque Westminster a vu l'installation des superstructures du pontPartie du navire comprenant un ensemble de planches disposées de manière à former une surface d'un seul tenant couvrant le creux de la coque. principal. Après ces transformations, le Belem pouvait accueillir de manière confortable une quarantaine de personnes à son bord.
Le petit roof et le grand roof ont été rattachés l'un à l'autre pendant la période italienne.
La timonerieService de la surveillance de la route, de la direction, des signaux, sur un navire., édifiée sur la dunetteA l'arrière d'un bateau, la partie la plus élevée où se tient l'officier de quart., date de 1984, année à laquelle il est classé monument historique.
Sa dernière restauration a conservé les apports de toutes les époques de son exceptionnelle carrière.
Les mâts du Belem, qui étaient en bois lors de son lancement, sont aujourd'hui en acierA partir des années 1880 des tôles pour la coque, mats et vergues en acier sont venus remplacer le bois pour augmenter les performances des voiliers.. Seul le beaupréMât situé à l'avant du bateau. était en acierA partir des années 1880 des tôles pour la coque, mats et vergues en acier sont venus remplacer le bois pour augmenter les performances des voiliers. dès sa création.
Le navire école
La Fondation Belem assure aujourd'hui l'exploitation et l'entretien du navire. Armé par un équipage de 16 marins, choisis pour leurs aptitudes à la conduite du navire dans les meilleures conditions de sécurité et leur sens de la pédagogie.
Le Belem est désormais un lieu de transmission de savoirs. Il peut accueillir 48 stagiaires. Il est habilité à naviguer en Atlantique Est, Manche, Mer du Nord et Méditerranée. Il peut, sur dérogation, ce qui fut le cas pour l'Odyssée Atlantique de 2002, effectuer des voyages plus lointains, transatlantiques par exemple.
Il participe enfin régulièrement aux rassemblements de grands voiliers : il y figure en tant qu'exceptionnel témoin de l'histoire maritime de la France, son pavillonDrapeau d’un bateau. d'origine. Il reste également témoin de tous les pavillons qu'il a arborés au long de sa carrière, et notamment du pavillonDrapeau d’un bateau. britannique qui fut le sien pendant 38 ans et du pavillonDrapeau d’un bateau. italien, pendant 27 ans.
En 2013, il revient à Toulon pour sa seconde participation à la Mediterranean Tall Ships Regatta, pour le plus grand plaisir de nos yeux.